Conjuguer Pelleter

Dans Les p'tites vites by Yannick Dion3 Comments

J’haïs pelleter.

Pas l’acte. Le verbe.

Bon, bon, ok, l’acte ne me plaît pas plus qu’il faut, j’avoue.

Mais c’est rien à côté du verbe…

Maudit qu’y m’énarve.

Vous vous rappelez certainement de mon énergique soulèvement contre la climatophobie?

Je ne veux pas chialer sur notre climat. Mais je dois jeter mon dévolu quelque part. Et cedit dévolu se jette sur pelleter.
Pelleter.

Ça se dit bien hein?

Oui. Y a le mot pelle dedans faque ça fitte avec l’action.

Pis tsé, comme le mot pelletée, c’est beau.

Une pelletée de bons sentiments.

Ou deux pelletées de raisins secs dans les Raisin Bran Kellogg. Pis ça rappelle de bons souvenirs.

Jusque là, ça va ben, c’est pas ça qui m’énarve.

C’est quand vient le temps de le conjuguer que pelleter m’énarve!

Pis le jour des tempêtes de neige historique, savoir comment conjuguer pelleter est essentiel si on veut mettre des statuts sur les médias snowciaux.

Pis moi, pelleter, je sais JAMAIS comment l’écrire pour le conjuguer.  Jamais.

Ça ne me rentre pas dans la tête une minute. C’est ça qui me rend fou.

Alors j’ai fait une recherche.

Regardez de quoi il a l’air conjugué correctement.

  • je pellette
  • tu pellettes
  • il pellette
  • nous pelletons
  • vous pelletez
  • ils pellettent

Lisez à haute voix pour voir! Enfin, pour entendre plutôt. En tout cas, lisez-le, bon.

Vous entendez?

Ça marche pas deux minutes.

Ok, pour nous, pis pour vous, ça passe. Pelletez pis pelletons.

Mais pour je, tu, il pis ils, ça marche pas pantoute !

C’est quoi ça?  Avec deux « t » en plus?

Il pellette. Pèle-ette? Pe-lette? PellEttE?

Peu importe dans quel sens je le lis, je suis pas capable de l’entendre comme du monde.

Pis peu importe comment je le dis, je suis incapable de le conjuguer comme du monde.

Pis en plus, ché pas pourquoi, j’ai l’impression de parler en cul-de-poule quand j’essaie de le lire écrit comme ça.

Au Québec, on ne pe-lette pas.  On pelte.

Oui, oui, PELTE. C’est comme plus rough, plus vrai.

Faqu’allons-y, lâchons-nous lousse.

À vos pelles, prêts, peltez. Parce qu’on est pas prêts d’arrêter.

jill111 / Pixabay

Commentaires

  1. Je dois avouer que j’ai le même problème avec Charlottetown. J’étais un peu le gros épais à l’école en prononçant charlo-te-town. Je me sens mieux de découvrir que je ne suis plus seul…

  2. Pingback: Le défi de l’écureuil « Ma tête, cette drôle de place.

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