La petite voix

Dans J'ai une théorie by Yannick DionCommenter

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais pour penser, généralement, je me parle dans ma tête. J’ai pas mal toujours un dialogue intérieur qui m’accompagne et dieu sait que je peux parler beaucoup en général.
Demandez à mes amis, cela a été démontré scientifiquement. Alors imaginez tout ce que je peux me dire dans ma tête… Blablabla, blabla et reblablabla pis… bla. J’ai tu dis bla? Bla.
Eille, des fois, je me dis quasiment de me la fermer parce que je me tombe sur les nerfs à me répéter les mêmes affaires.  Pis des fois, je pense que je me parle pour rien dire, c’est tout dire.
Enfin. Toujours est-il que j’ai comme une question fondamentale autour de cette observation de mon fonctionnement cérébral : on est-tu toute de même?
Vous autres, vous parlez-vous beaucoup dans votre tête? Bien sûr, je ne parle pas d’entendre des voix dans votre tête.  Je parle du dialogue intérieur, de votre propre voix. Tsé la petite voix fatiguante qu’on n’écoute pas toujours mais qui finit par nous crier : »KESSÉ QUE TU FAIS LÀ! » quand on l’a pas assez écoutée.  Ouin, celle-là…
Ben, quand on y pense un peu, cette petite voix, c’est pas le top notch de l’efficacité pour structurer nos pensées hein!  Pourquoi?
Parce que premièrement, si vous saviez le nombre de bonnes idées que j’ai perdues parce que je n’ai pas réussi à parler assez vite dans ma tête pour les concrétiser… Ou pire, que je ne suis pas arrivé pas à taper assez vite pour les écrire.  Pouf, évanouie dans les méandres de mon cerveau hyperactif.
Soupir… Non mais envoye petite voix, embraye un peu pour suivre!
Deuxièmement, on a plein de pensées qui ne se mettent pas en mots.  Et, même pour celles qui se mettent en paroles,  on n’a pas tout le temps besoin de le faire.
Ai-je besoin de me dire, en mangeant mon yogourt: « Hum, j’aime les yogourts aux bananes et fraises! ».  Non. On le sait qu’on aime ça.
Autre exemple: pourquoi se répéter les paroles : « Je suis heureux »? dans notre tête hein? Est-ce pour se convaincre de quelque chose?  On n’a pas besoin de se dire qu’on est heureux pour être heureux.
Alors, la petite voix ne devient-elle pas, des fois, un bruit de fond? Au lieu de se répéter qu’on est heureux, on ne serait pas mieux de se répéter le feeling d’être heureux, qui ne s’exprime pas en mots?  Ça fait encore plus la job, non?  Je pense que oui.
Faites l’exercice un peu plus tard : arrêtez une phrase que vous êtes en train de vous dire et ne faites que ressentir votre pensée.  Même sans les mots, on sait ce qu’on veut dire sans qu’on ait besoin de « verbaliser ».
Alors, j’en arrive à la conclusion que l’utilisation du langage pour penser est une perte de temps. Ça nous ralentit au boutte.
Faque je crois qu’en tant que société, il faut maintenant s’adapter au monde qui va vite vite vite vite et donc mettre fin aux dialogues intérieurs pour penser plus vite. Si si.
Plus de chichi, plus de blabla. Se parler pour penser est une perte de temps incommensurable. Pis comme du temps, on n’en a comme pas à perdre, et que le temps c’est de l’argent, ben arrêter de penser va aider l’économie.
Donc, fini les temps de réflexions interminables. Maintenant, on pense sans parler et on parle sans penser… Euh non, c’est pas ça que je voulais dire…
Restez à l’affût, je passerai de la pensée sans paroles aux actes sous peu!   Surveillez bientôt l’arrivée de mon futur livre best-seller  :
« Écouter sa voix intérieure : une perte de temps! Faites-la farmez et soyez efficaces! ».
En vente dans tous les bons et moyens libraires après la fin du monde en 2012.
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Fran__ / Pixabay

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