Méditer c’est comme se moucher dans un kleenex

Dans Montées de lait, Sans catégorie by Yannick Dion2 Comments

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Combien d’entre vous ont essayé de faire de la méditation pis se sont dit : « Ayoye joualvert, je serai jamais capable d’arrêter de penser faque d’la marde, c’est pas pour moi ».

Pis qui ont jamais recommencé?

Ouin, genre. J’ai entendu ça souvent quand je parle de la méditation.

Moi, ça fait 6 ou 7 ans que j’en fais un peu à tous les jours. J’ai pas manqué une journée. Même les matins où j’avais vraiment pas le temps, je me mettais au moins une minute les fesses sur le coussin. Pour créer l’habitude tsé.

Ça a marché.  Maintenant en général, j’en fais au moins 20 minutes par matin.

Pis j’adooooooore ça.

Mais quand on y pense, c’est un peu fucké la méditation tsé.

L’affaire avec la méditation, c’est pas de s’asseoir sur le coussin qui est le problème, hein? Ça, ça nous vient facilement pour s’effouarer devant la télé tsé.

Non en fait, le plus gros problème quand on fait de la méditation, ben c’est nos émotions pis nos pensées!

C’est eux autres qui nous tombent le plus sur les nerfs et nous empêchent de méditer comme du monde!

Fuck, si on pouvait méditer en paix sans avoir de maudites pensées, on serait tu ben! Hein? HEIN!

Ben c’est ça. Ça serait ben le fun mais tough luck, ça n’arrivera pas.

Je pense que c’est pourquoi beaucoup de gens arrêtent la méditation : parce qu’ils pensent que le but c’est de ne pu avoir de pensées pantoute!

Mais ça, ça se peut pas! Parce qu’on ne peut pas, ne pas avoir de pensées.

Ok, peut-être que ça se peut si :

  • t’es un moine tibétain,
  • dans un temple en haut d’une montagne
  • où qu’il y a rien que des chèvres qui hurlent comme des humains
  • pis où t’es pas dans le rythme frénétique du 21ème iSiècle.

Ou ça se peut mais ça dure vraiment pas longtemps.  Tsé genre un gros 4 secondes 1/11 max. Pas plus.

Alors si on se dit que le but de méditer c’est d’arrêter de penser, qu’est-ce qui va arriver?

Ben c’est sûr qu’on va échouer pis on va abandonner en disant : « Je suis ben poche en méditation moi! ». (Comme si on pouvait être poche à passer du temps seul avec soi-même tsé mais partez moi-pas là-dessus!).

Faque c’est genre LE gros méga apprentissage à 5 cennes que j’ai fait depuis 6 ans dans ma pratique.

Le deal, c’est pas d’arrêter de penser, c’est d’apprendre à checker aller ses pensées (et ses sensations et ses émotions).

En fait, je me rappelle toujours ce qu’une prof de méditation avait déjà dit d’ailleurs : « Le cerveau est un organe qui sécrète des pensées. C’est ça sa job. »

Ça m’a marqué parce que j’ai réalisé que j’ai pas vraiment de contrôle sur ce que mon organe de cerveau sécrète comme bizarrerie, tout comme je peux pas demander à mon foie:  « Eille foie, j’aimerais ça que tu me sécrètes de la bile arc-en-ciel, me semble que ça ferait changement ».

Non.

Faque le deal en méditation, c’est pas d’arrêter de penser, c’est d’apprendre à checker aller mes pensées (et mes sensations et mes émotions), autrement dit : à checker aller mes secrétions de cerveau.

Oui oui, dans le fond, méditer, c’est comme se moucher pis regarder dans son kleenex !

Des fois, les sécrétions, c’est transparent, des fois c’est brun weird, des fois c’est vert fluo, pis des fois y a un peu de sang mélangé dedans.

Pis des fois, mais rarement, y a rien qui sort pantoute pis c’était juste un bruit de trompette de nez.

Pis que c’est un indicateur de comment je me sens.

En même temps, même si j’ai pas de contrôle sur ce qu’il y va y avoir dans mon kleenex, je peux décider ce que je vais faire avec : composter le kleenex, me reposer, prendre du sirop, allez voir le médecin ou rien faire pantoute pis juste accepter ce qui est là.

Pis l’autre aspect à considérer c’est qu’en regardant dans mon kleenex, je réalise aussi que jamais, au grand jamais, il ne me viendrait à l’idée de penser que je suis la morve dans mon kleenex!

Tsé, eille, wo !  Je ne suis pas de la morve moi!

Faque c’est un peu la même chose avec les pensées. Quand on apprend à les observer, on se rend compte qu’on n’est pas nos pensées. Qu’elles existent par elles-mêmes, juste comme ça. Comme des sécrétions de cerveau.

Pis on s’en détache un peu parce qu’on devient celui qui les observe dans le kleenex.

Faque finalement, ma grande conclusion c’est que méditer, c’est apprendre à se détacher de son kleenex, à regarder dedans sans capoter, pis à ne pas s’identifier à sa morve de cerveau.

Oh boy.  Je sais pas ce que Bouddha dirait de ça.

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