Éloge à l’ordinaire

Dans Mon sens unique, Sans catégorie by Yannick Dion4 Comments

Depuis quelques semaines, j’ai le goût d’écrire un éloge à l’ordinaire. 

Éloge à cet ordinaire qu’on oublie de savourer parce qu’il est sans extra. 

À cet ordinaire que souvent l’on ne considère pas, parce qu’on le trouve justement, si ordinaire. Et qui pourtant doit ben représenter 83,7% de nos vies.

Éloge à celui qui est si patient. Même si on le regarde de haut. Même si on le laisse souvent de côté dans notre course à l’extraordinaire, au plus, au oumpf, à LA chose qui donnera LE sens à tout, et qui fera qu’enfin notre vie sera complète.

Éloge à celui qui nous suit partout, même en voyage, même dans ces moments qui devraient être juste extraordinaires. Et de qui on ne demande jamais de nouvelles au retour.

Parce que quand on nous demande : « Pis, as-tu fait un BEAUUUU voyage? », c’est de l’extraordinaire qu’on veut entendre parler.

Parce que moins qu’extraordinaire, ça vaut pas la peine d’être raconté.

Parce qu’on aurait investit ben de trop cher pour un voyage ordinaire, hein?

Pis cher, ça rime pas avec ordinaire.

Bon bon, oui ok ça rime, mais en tout cas, ça vaut pas cher pareil.

Alors éloge à celui qu’on dénigre souvent, parce que si c’est juste ordinaire, c’est pas génial. 

Faque ça vaut quasiment pas vraiment la peine d’être vécu. Ou en tout cas beaucoup moins.

Éloge à l’ordinaire qui malgré tout, reste là, présent, patient.

Car il ne dit rien, ne revendique rien, l’ordinaire.

Il n’est pas jaloux et ne nous en veut même pas de toujours chercher à le tromper avec extra.

Non, il nous reste toujours fidèle l’ordinaire.

Il nous attend patiemment et nous accueille à nouveau dans ses bras, en nous enveloppant et nous réconfortant. Une douce et confortable doudoune.

C’est lui qui marche avec nous dans la rue.

C’est lui qui remplit nos soirées simples entre amis.

C’est lui qui meuble nos moments de lecture, de course folle, d’aller-retours au bureau, à l’épicerie, dans la douche, en faisant le lavage…

Il nous accompagne dans nos moments d’ennui, au soleil sous la pluie.

C’est lui qui fait les moments tendres, le café à la main.

Et quand l’autre sera parti, il sait que c’est pas du saut en parachute qu’on va se rappeler. C’est ben plus la routine et ces moments simples et ordinaires qui vont nous manquer.

Éloge à l’ordinaire attrapé dans des ombres de fleurs par une journée ensoleillée.

Éloge à l’ordinaire qui est extraordinairement beau quand on prend le temps de s’arrêter, de le savourer, le contempler, l’aimer.

Parce que l‘ordinaire, c’est ici, maintenant, la majorité du temps!

Faque cessons donc la chasse à l’extraordinaire, aux expériences les plus folles, les plus intenses, au bonheur en 12/10.

Cessons de croire que la « vraie vie » va se trouver dans le prochain voyage, le prochain achat, la prochaine soirée de party, le prochain char ou la prochaine affaire « plus extra super doudelidou de fou de débile de malade mental ». 

Parce qu’à trop chasser l’extraordinaire, on finit par n’attraper que du vide et manque, c’est donc dire par attraper rien pantoute!

Pis ça c’est ordinaire.  Ben ordinaire.

Redonnons à l’ordinaire ses lettres de noblesse, son droit d’être juste assez et juste parfait!

Parce que c’est fort probablement dans cette moyenne ordinaire que le bonheur se cache justement.

Et c’est même peut-être ça le secret d’une vie extraordinaire?

Une vie parsemée d’extra de temps en temps, de ben ben ordinaire d’autres fois, mais où on a vécu et savouré l’ordinaire pleinement le reste du temps.

Alors c’était mon éloge à l’ordinaire.

Ordinaire, c’est toi mon extra.

Commentaires

    1. Author

      C’est ce que j’essaye de me rappeler de pratiquer en tout ça. Voir le beau dans les petites choses et petits bonheurs 🙂

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