Comment ne pas glisser dans l’indifférence même dans un banc de neige

Dans Sans catégorie by Yannick DionCommenter

Ah le retour de l’hiver à Montréal.

Qu’on aime ou pas, on fait avec.

Cette année, j’ai décidé d’aider le plus possible les gens dont l’auto est pognée dans un banc de neige.

Faque, mercredi pendant ma petite course à pied de 3 km dans la tempête, en bon leader de l’arrière, j’ai arrêté pour pousser deux autos.

C’était cool, pis ça me rajoute un exercice de plus pour me maintenir en forme.

Pis bon, ok, je me dis que c’est bon pour mon karma.

Mais là, vendredi matin, oups, c’est à mon tour d’être pogné.

Mes roues glissent, la glace pogne, je pellete, je sacre, je repellete, re-spine dans le beurre, ressort du char, soupire, re-sacre.

Je peux pas m’empêcher d’espérer que, comme j’ai aidé du monde cette semaine, y a ben quelqu’un qui va venir m’aider, non?

Des dizaines de personnes passent près de moi.

Personne ne m’offre d’aide.

Je commence à être un peu fru et découragé: « Maudit Karma à marde, je mérite qu’on m’aide, non? Cibole ».

Mais non, ça a pas l’air.

Après quelques minutes, en colère, je pense la phrase fatidique: « Si tu penses que je vais encore aider du monde moi la prochaine fois debord… Pfffff ».

Et là…

Et là…

Rien pantoute.

Y a pas personne qui vient m’aider.

Sauf qu’après m’être dit ma phrase fatidique, je me rappelle que c’est pas de même que ça marche le karma.

Pis surtout, que c’est pas pour un retour d’ascenseur que j’aide le monde.

Mais parce que j’aime aider.

Parce que c’est bon pour mon coeur, ma bonne humeur, pis c’est le genre d’impact que je choisis d’avoir un peu plus tous les jours.

Faque bien sûr, le fou rire me pogne.

Je souris au karma et dis ben fort à la vie, dans ma tête : « Bullshit, tu m’auras pas. Tu sais ben que je vais continuer d’aider pareil ».

Et je continue de pelleter avec ma pelle ben d’trop petite.

Dans mes grandes réflexions pelletosophiques, je me dis aussi que je ferai une petite twist au karma parzemple: la prochaine fois que j’aiderai quelqu’un, je lui dirai qu’elle doit donner au suivant et aider quelqu’un d’autre.

Tadaaa.

Et là…

Et là, ben j’ai réussi à sortir mon char tout seul, avec une demi-heure de retard pour le boulot.

Alors, en route sur ma rue, 15 autos plus loin, je vois quoi?

Une fille pognée dans le banc de neige…

Ma cassette part: « Eille, là, je suis en retard, si tu penses que… ».

Pis là je souris : « …que je vais vraiment revenir sur ma parole et cesser d’aider le monde! »

Hahaha Karma!  Tu me joues un beau tour.

Faque je me stationne et vais l’aider.

Sauf que là, je suis pas mal énarvé, tsé…

Un mélange d’encore un peu en maudit, de stress, d’adrénaline pis toute pis toute…

Faque je vais voir la fille, intense et crinké, pis je lui dis: « Je viens d’être pogné 30 minutes et personne m’a aidé. Faque je vais t’aider mais à une condition: si tu me promets que tu vas donner au suivant pis aider quelqu’un d’autre, ok, OK?! ».

Elle m’a dit OK.

Avec un air un peu traumatisé.

Elle a dû se dire qu’elle avait pas ben ben le choix de dire oui au gars hystérique sympathique.

Comme je ne suis pas en mesure de réussir à la pousser tout seul, je demande à un gars dans la vingtaine qui passait: « Scuse, peux-tu nous aider? ».

« Ah non, ‘scuse man, je suis en retard » qu’il me répond en levant les mains et en marchant vraiment vraiment VRAIMENT lentement.

Ah ben tab****.

Mon « Ben moi AVEC, kess tu penses?? » sort assez bête et fort merci.

Parce que je suis encore crinké, tsé, vous vous rapellez?

Et là…

Ben un autre jeune, avec un accent probablement marocain, nous propose de nous aider.

Et on réussit ensemble.

La fille est vraiment reconnaissante et me dit spontanément : « Je vais me souvenir de ce que tu as dit et aider quelqu’un d’autre! ».

Pis après, moi j’ai proposé au jeune qui nous a aidé de faire comme moi et demander aux gens qu’il aide de donner au suivant.

Il a trouvé que c’est une bonne idée.

Pis là je fly au bureau.

Faque, voilà.

C’est quoi la morale de cette histoire?

Ben 1-SVP, aidez les gens pognés dans un banc de neige pis dites leur de donner au suivant;

Pis 2- il faut pas se laisser abattre pis laisser des circonstances insignifiantes nous faire vouloir tout laisser tomber ce qui nous tient à coeur.

Faque moi je vais continuer d’aider au lieu de prendre le réflexe facile d’en vouloir au karma, pis de me déconnecter de ma gentillesse.

Même quand je me fais tester pis que c’est un peu plus dur.

Parce que de maintenir ses convictions dans les petites tempêtes (de neige), ça aussi c’est du leadership au quotidien.

PS: drôle de coïncidence: en finissant ce texte, j’entends depuis quelques minutes, juste en face de chez moi, des roues qui glissent sur la glace.

Soupir.

Vraiment??

Juste là, pendant que j’écris ça?

Faque…

je mets mes bottes, mon manteau, sors sur le balcon pour descendre pis… l’auto a réussi à partir avec l’odeur de pneus brûlés, sans que j’aie eu à pousser.

Hahaha encore karma, vraiment très rigolo.

Merci du clin d’oeil!


Et vous, quand est-ce plus difficile pour vous d’aider ou de maintenir une valeur qui vous tient à coeur?

qimono / Pixabay

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