Dealer avec la transition

Dans Leadership by Yannick Dion6 Comments

Man.  J’ai pas écrit depuis un mois et demi. Chu pas ben ben fier de moi.  Tsé, le slogan du site c’est pas « Tous leaders aux 6 semaines ».  Soupir.

Me semble que j’aurais pu me forcer un peu, non?

Ben, voilà. Non.

Mes dernières semaines ont été consacrées à me garder la tête hors de l’eau et à accepter que je vis une grosse transition. En fait, je vis plusieurs transitions: séparation, déménagement, changement de job, changement de rythme de vie, premier demi-marathon la semaine passée…  Bref, ça gobe du temps et de l’énergie.

Faque ça explique un peu pourquoi j’ai pas écrit.

Et pourtant, malgré que mon rationnel comprend bien que j’ai eu d’autres priorités, y a tout de même un petit sentiment plate qui me reste en arrière de la tête. Un sentiment de jugement envers moi-même, saupoudré de culpabilité étrange, parce que je n’ai pas eu ni le goût, ni l’énergie d’écrire sur le leadership.

Et ce sentiment est accompagné de cette impression que j’ai pas vraiment été un leader dans les dernières semaines.  Ben en tout cas, pas un leader comme je voudrais l’être.

Parce que BIEN SÛR que dans une période pleine de changements comme je vis là, je devrais réussir à tout faire quand même, n’est-ce pas?  Parce que c’est ça un leader… C’est toujours leader. Tout le temps. Pis c’est déterminé.  Pis fonceur.

Ouin, ouin, bullshit.  Ça marche pas de même pantoute.

Y a des bouttes plus rough.

Par exemple les changements et les transitions qui en découlent, qui demandent beaucoup.  Parce qu’on y perd alors bien des repères.  Pis que même si on voudrait continuer de faire « comme si » ou « comme c’était avant », ben on ne peut tout simplement pas.

Pis souvent, dans ces moments-là, on oublie le plus important: avoir de la compassion envers soi-même. Parce qu’on est pas mal souvent plus durs envers nous qu’on le serait envers les autres.

Et y a autre chose qu’on oublie souvent aussi: se pardonner.  Se pardonner d’être perdu. Se pardonner de retomber dans des vieux patterns qu’on croyait réglés. Se pardonner d’avoir besoin de temps pour se retrouver, pour se recréer, pour s’adapter.

Parce qu’en transition, c’est en se donnant du temps qu’on réussit à se trouver les nouvelles façons de faire et d’être. On peut pas aller plus vite.

Alors, voilà.  Je me pardonne d’avoir été moins leader que j’aurais voulu.

Et parce que je sens qu’il est temps, parce que je sens que je peux maintenant le faire (et non pas parce que je pense qu’il faut que je le fasse), je reprends pas mal le leadership de ma propre vie.

Parce que c’est ma vie après tout.  Même si j’ai eu l’impression que c’était pas mal plus les changements qui menaient ma vie dernièrement.

Faque c’est ça. Je suis quand même encore en transition. Pis c’est correct. Pis ça donne ce que ça donne. Je vais leader le reste à partir de ça.

Parce qu’être un leader, c’est aussi ça je pense. C’est pas toujours être top shape. C’est pas faire à semblant que tout va bien. C’est reculer par moments, pis prioriser certaines affaires, pis se donner un break.

Et si je vis mon leadership de même ces jours-ci, ben ça doit vouloir dire que c’est aussi ça le leadership aux 6 semaines au quotidien.

manfredrichter / Pixabay


Et vous chers lecteurs, quels changements ou transitions vivez-vous ou avez-vous vécu dernièrement?  Et comment composez-vous avec le fait de ne pas toujours être à la hauteur de vos propres attentes dans ces moments-là?

Commentaires

  1. Quel beau texte Yannick . . . courageux, authentique, inspirant et PLUS ! Tu es un grand Leader et un modèle qui fais preuve qu’au bout la ligne, on est tous responsable de nos vie respective.

    Mon cheminement est parallèle. J’ai vécu de grandes transitions ces derniers mois qui ma surtout fais voir le fond de moi-même et faire face a mes ombres. Même bien entourer d’aide, à la fin, on est seul à prendre le Leadership de notre propre vie. Peut être évident pour plusieurs, mais un grand apprentissage pour moi.

    Cette citation me touche beaucoup: « parfois nos vies ont besoin d’être complètement chamboulés, changés et réorganisés, pour nous replacer a l’endroit ou nous sommes cense-être »

    Aujourd’hui, je retrouve où je suis censé d’être et j’y retrouve une paix et beaucoup plus d’espoir de bonheur a venir !

    Bravo Yannick !

    1. Author

      Merci Claude, j’apprécie beaucoup ton commentaire. C’est vrai que les changements et les transitions nous mettent face à nous-mêmes. Et qu’elles nous forcent à nous retrouver. Comme si parfois il fallait chambouler nos repères connus qui sécurisent pour en trouver des nouveaux, inconnus et qu’on ne soupçonnait pas. Et une fois que le bouleversement est passé, on peut se réouvrir au monde d’une façon différente… Bravo à toi aussi Claude de te réinventer 🙂

  2. Vive les transitions Yannick – et bravo pour ton franc parler! Quand les transitions nous amènent en roller coaster c’est certainement pour y retenir quelque chose. Je crois que de respirer, de rester (stay) dans ce tourbillon nous permet justement comme tu dis, de se pardonner et de lâcher prise. Sans cet étape, il est plus difficile de s’exprimer pleinement. Dans le rester, ça implique aussi de se permettre juste d’être là où l’on est et de se dire que cet endroit est parfait, ni plus, ni moins. Il n’y a pas d’urgences. Merci encore de ce beau texte.

    1. Author

      Merci Christine. J’aime beaucoup ce que tu apportes avec le lâcher-prise. Et comme tu dis, c’est quand on lâche prise qu’on s’exprime, plus. QU’on se laisse le droit d’être dans ce moment, parfait. Et comme tu dis, y a pas d’urgence hein! 🙂

  3. La vie est un escalier avec des paliers plus ou moins profonds… Je manque aussi de leadership envers moi-même et donc aussi de compassion pour mon moi.
    Je suis aussi en transition avec mes filles. Nous c’est le deuil qui nous oblige à revoir notre vie, nos objectifs, nos envies et les pressions autour. Oh comme c’est compliqué un deuil. Et imagine deux!!!
    Bref, je suis contente de ce hasard qui m’a fait atterrir sur ta page… ♥

    1. Author

      Zsazsa, je ne peux imaginer combien un deuil peut être une MEGA transition, et en plus, de le vivre en tant que mère avec ses filles. C’est là qu’effectivement, se donner le droit, d’avoir de la compassion pour soi, nous ouvre aussi à être disponible pour nos proches aussi. Sans cette compassion envers nous, je pense qu’on se referme et qu’on ne se sent jamais assez?
      Content que le « hasard » t’aie fait tomber sur ce texte et sur moi :).

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